Or, diamant, manganèse, nickel, bauxite, fer et bien d’autres, le potentiel minier ivoirien est riche et diversifié. Depuis plus de dix ans, le secteur minier affiche une croissance constante et le gouvernement ambitionne de consolider ce secteur..
Dès 2014, la Côte d’Ivoire a mis en place un cadre légal afin de contrôler le développement de son secteur minier. Avec le Code Minier adopté le 24 mars 2014, le pays a pu faire évoluer considérablement sa production d’or en une décennie, passant de cinq tonnes en 2010 à quarante-deux tonnes en 42.Le pays a également diversifié ses ressources minières, avec l’entrée en production à partir de 2022, de la mine de nickel de Foungbesso-Moyango, de la mine de bauxite de Bénéné en 2017 et de la mine de coltan d’Issia en 2020-2022.
Cette croissance n’est pas près de s’arrêter. En 2022, la production de nickel était de 1,840,795 tonnes, elle devrait passer à 2,100,000 tonnes en 2024. La production de manganèse qui était de 929,705 tonnes en 2022, devrait franchir la barre du million de tonnes en 2024, grâce notamment à la reprise de la production de la mine d’Odienné qui était à l’arrêt pendant une certaine période. Avec la reprise des activités de la mine de Bongouanou au dernier trimestre 2022, la production de minerai de bauxite devrait se situer à 210,000 tonnes en 2024.
En 2022, l’ensemble des sociétés d’exploitation du secteur minier déclarait auprès de l’Administration des mines, un chiffre d’affaires de 1,422.55 milliards de francs CFA contre 1,154.191 milliards de francs CFA en 2021, soit une hausse de 23.25%. En termes de retombées économiques, la bonne dynamique du secteur a permis l’accroissement des recettes fiscales et du nombre d’emplois créés dans le secteur. Ainsi, les recettes fiscales générées par l’activité minière sont passées de 33.96 milliards de francs CFA en 2016 à 314 milliards de francs CFA en 2022. De même, le nombre d’emplois directs dans le secteur minier est passé de 8,291 en 2016 à 20,762 en 2022.
Les prévisions pour les années à venir
Le gouvernement ivoirien affiche un objectif très clair : faire passer la part du secteur minier (hors pétrole et gaz) dans le PIB national d’environ 3% en 2018 à 6% d’ici 2025. Une Politique minière et un plan d’actions stratégiques ont été élaborés et adoptés pour la période 2022-2026.
Des actions sont aussi menées pour revisiter le Code Minier de 2014, dans l’objectif de confirmer la position du secteur minier en tant que moteur de croissance économique majeure de la Côte d’Ivoire. Cette ambition se traduira par l’intensification de la production minière et sa diversification, dans les années à venir.
Parlant de cette réforme du Code minier, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Energie, déclarait à la presse, lors du lancement de la relecture du Code Minier ivoirien, en juin 2023 : « La première chose à prendre en compte, c’est le renforcement du caractère attractif de notre pays en matière de recherches minières. Je considère donc que toutes les facilités qu’on peut accorder pour encourager les sociétés à venir explorer notre sous-sol sont à prendre en compte. La deuxième chose, ce sont les dispositions à prendre afin d’assurer l’équité dans la répartition de la richesse, une fois la découverte mise en évidence. Voir comment le pays peut bénéficier davantage de ces découvertes, sans bien sûr ignorer que ceux qui ont investi doivent assurer leur retour sur investissement ».
Les travaux pour la réforme du Code minier du 24 mars 2014 se poursuivent actuellement.